Les Ombres errantes
Musique – Magie
Après avoir littéralement envoûté le public lors du gala de magie en avril dernier, Philippe Beau revient avec Les Ombres errantes, une partition à quatre mains où l’ombromanie dialogue avec la musique de François Couperin.
Sur scène, le pianiste virtuose Iddo Bar-Shaï interprète au piano des pièces initialement écrites pour le clavecin, en préservant toute la légèreté, la finesse et le mystère de Couperin. Face à lui, dans un rond de lumière, Philippe Beau façonne en direct un monde d’ombres d’une poésie rare. Ses mains deviennent oiseaux, animaux, visages, masques, rêves, silhouettes en fuite. D’un simple mouvement de doigts, une forme apparaît, se transforme, disparaît, laissant le public suspendu à cette magie fragile et silencieuse.
Ici, le concert classique change de visage. La musique ne s’écoute plus seulement : elle se regarde, se devine, se prolonge dans l’obscurité. Chaque pièce devient un petit conte visuel, une miniature en noir et blanc, tantôt tendre, tantôt drôle, tantôt profondément mélancolique. Lumière et ombre, son et geste, piano et images composent ensemble un spectacle d’une grande délicatesse.
Un spectacle gracieux, poétique et lumineux, qui donne à Couperin une profondeur nouvelle et confirme Philippe Beau comme l’un des grands magiciens contemporains.
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