Daniel Torres est – avec Swarte, Ever Meulen, Chaland, Floc’h, Serge Clerc et Ted Benoit – un acteur majeur du renouveau de la Ligne Claire à l’aube des années ’80. Dans une grande partie de son œuvre, le dessinateur espagnol, qu’il s’exprime en tant qu’auteur de bande dessinée ou d’illustrateur, traite l’architecture comme un personnage à part entière.
"La Casa – Crónica de una conquista" (Norma,2015) explorait déjà en profondeur le thème de l’architecture en tant qu’espace physique se muant, au fil de l’histoire, en espace psychologique. Quelques années plus tard, Torres éprouve le besoin impérieux de développer une vision personnelle : l’architecture sous l’angle du voyage et du rêve.
La première ébauche de cet ambitieux projet voit le jour durant le premier confinement lié au Covid. Associant divertissement et réflexion, l’auteur réalise six grandes illustrations ainsi que quelques autres de plus petite dimension ayant pour thèmes des habitations qui incarnent à cette époque d’indispensables refuges mais aussi de douces prisons.
Vient ensuite l’idée de construire un ambitieux projet dont le titre s’impose aussitôt : "Humana Arquitectura". Non pas une architecture construite à la mesure des humains, mais plutôt celle dont les proportions architecturales font rêver les humains. Cette démarche s’inscrit dans une longue tradition d’architecture utopique.
La Galerie Champaka a le grand privilège d’exposer une cinquantaine de ces splendides illustrations en couleurs directes. Dans chacune d’elles, les plans tangibles de Torres nous émerveillent et rendent crédibles des rêves éphémères.
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