Une école.
Quelles résonances pour ce mot : aller à la petite école, puis à la grande école,
me ravivent les années écoulées dans le bonheur d’apprendre.
Et encore oser en pousser la porte, parfois si tard dans un parcours de vie.
Que d’admiration pour celles et ceux qui s’y risquent sans l’avidité de s’initier et d’expérimenter, avec l’intuition profonde de l’épanouissement humain par le collectif.
Quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, les êtres humains font des lignes, en marchant, en parlant, par les gestes et leurs traces. La ligne perce comme un mouvement, elle existe aussi.
Nul n’existe sans laisser de traces. Celles d’une école des Arts. Celles de l’École Communale des Arts de Braine-L’Alleud. Serait-elle comme un voyage, une itinérance par laquelle l’approche pédagogique aborde les champs phénoménologique, anthropologique et artistique, au croisement des disciplines, des pensées et des pratiques pour inspirer les volontés citoyennes. Cette diversité en fait la richesse humaine, humus fécond pour une germination immédiate ou lente, perceptible ou retenue.
Sa réputation grandissait, et voilà qu’elle se fête : célébration vive, vivante d’autant de manifestations partagées ou silencieuses au fil de ses déjà 50 ans de présence. Contaminations qui fleurissent et ponctuent l’environnement urbain, et bien au-delà !
Qu’il y ait – là – (re)découvrir du cours des choses vécues, des temps de la transmission renouvelée ?
Quelles images laisse-t-elle au haut de ces vieux murs de briques aux anciennes murmures de filature ?
Où les rencontres qu’elle inspire, nous font-elles aller ?
S’effleurent ses secrets et ses histoires qui ne m’appartiennent pas, comme les lointaines contrées à explorer. Se frotter à la part d’étrangeté des mondes par laquelle s’apprivoiser et se connaître.
Arpentant les territoires des arts… les chemins de traverse sont aussi les champs du possible.
Nous en sommes tous sa mémoire vive.
ANNE DELIÈGE, professeure d’histoire de l’Art.
Organisé par : Ecole des Arts de Braine-l'Alleud